Un don à une association d’intérêt général ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 66 % du montant versé, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté (dispositif « Coluche »), le taux est de 75 % jusqu’à 2 000 € de dons en 2026, puis 66 % au-delà. L’excédent au-delà du plafond de 20 % est reportable sur les cinq années suivantes.
Premier point de vocabulaire, source de la moitié des malentendus : il s’agit d’une réduction d’impôt, pas d’une déduction. Une déduction (comme le PER) diminue votre revenu imposable, et son avantage dépend de votre tranche marginale. Une réduction se soustrait directement de l’impôt dû, quel que soit votre taux d’imposition. C’est bien plus avantageux.
Les deux taux applicables
Le relèvement du plafond Coluche de 1 000 € à 2 000 € est la principale évolution de l’année. Il vise à soutenir les organismes d’aide alimentaire, d’hébergement, de soins et d’accompagnement des victimes, dans un contexte de baisse des subventions publiques.
Le plafond de 20 % du revenu imposable
C’est la limite globale des dons pris en compte dans une année. Elle se calcule sur le revenu imposable du foyer fiscal, pas sur le revenu net perçu.
Exemple chiffré
- Revenu imposable : 40 000 €
- Plafond de 20 % : 8 000 € de dons retenus au maximum
- Vous avez donné 12 000 € dans l’année
- Réduction calculée sur 8 000 € × 66 % = 5 280 €
- Les 4 000 € excédentaires sont reportables sur les cinq années suivantes, au même taux
Deux précisions importantes. Le report s’effectue avant les dons de l’année en cours — les excédents les plus anciens s’imputent en premier. Et si votre réduction dépasse l’impôt que vous devez, elle n’est pas remboursée : elle est définitivement perdue pour l’année. C’est la principale limite du dispositif pour les foyers faiblement imposés.
Combien vous coûte réellement un don
Cas combiné, fréquent : vous donnez 1 200 € à un organisme d’aide aux personnes en difficulté et 1 500 € à une association environnementale. La réduction est de (1 200 × 75 %) + (1 500 × 66 %) = 900 € + 990 € = 1 890 €.
L’avantage méconnu : hors plafond des niches fiscales
La réduction d’impôt pour dons n’entre pas dans le plafonnement global des avantages fiscaux de 10 000 € par an prévu à l’article 200-0 A du CGI. C’est l’un des très rares dispositifs dans ce cas.
Concrètement, un contribuable qui a déjà saturé ses autres niches (investissement locatif, emploi à domicile, souscription au capital de PME) peut continuer à réduire son impôt par le don, sans aucune interaction avec ces plafonds.
Ce qui ouvre droit — et ce qui n’y ouvre pas
Sont éligibles
- Les versements en numéraire : espèces tracées, chèque, virement, carte, prélèvement.
- Les dons en nature : matériel informatique, mobilier, œuvres d’art, denrées, à condition que la valorisation soit justifiable. Voir notre page dédiée.
- L’abandon de frais par un bénévole qui renonce expressément au remboursement de ses dépenses engagées pour l’association (frais kilométriques notamment).
- Les cotisations, à condition qu’elles n’ouvrent droit à aucune contrepartie significative.
- Les dons aux organismes situés dans l’Union européenne, en Islande, en Norvège ou au Liechtenstein, s’ils remplissent des conditions équivalentes.
Ne sont pas éligibles
- Les dons assortis d’une contrepartie significative : au-delà d’une tolérance limitée (petits objets, bulletin d’information), seule la fraction excédant la valeur de la contrepartie est retenue.
- Les versements à un organisme qui fonctionne au profit d’un cercle restreint de personnes.
- Les cagnottes en ligne au profit d’une personne physique, même dans une situation dramatique : elles ne relèvent pas de l’intérêt général.
- Les dons à des organismes situés hors de l’Espace économique européen visé par le dispositif.
Comment déclarer vos dons
- Rassemblez vos reçus fiscaux de l’année civile. Ils ne sont pas à joindre, mais à conserver en cas de contrôle — trois ans au minimum.
- Reportez le total des dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté en case 7UD.
- Reportez le total des autres dons d’intérêt général en case 7UF.
- Si vous avez des excédents des années antérieures, utilisez les cases dédiées au report (7XS à 7XY selon l’année d’origine).
- Vérifiez le montant pré-rempli : depuis la transmission automatique des reçus par les organismes, une partie des dons peut déjà figurer dans votre déclaration — mais pas tous.
Le crédit d’impôt lié aux dons est intégré au calcul de votre avance de janvier : si vous avez bénéficié de la réduction l’année précédente, 60 % du montant vous est versé mi-janvier, le solde après la déclaration. Si vous cessez de donner, pensez à ajuster pour éviter d’avoir à rembourser.
Cas particuliers utiles
Vous n’êtes pas imposable
La réduction ne vous apporte rien fiscalement, puisqu’il n’y a pas d’impôt à réduire et qu’elle n’est pas remboursable. Cela ne retire rien à l’utilité de votre don, mais cela change le raisonnement : ne calibrez pas votre don sur un avantage que vous ne percevrez pas.
Vous êtes une entreprise
Le régime est différent : le mécénat d’entreprise ouvre droit à une réduction d’impôt de 60 % du versement, dans la limite de 20 000 € ou de 5 ‰ du chiffre d’affaires, le montant le plus élevé étant retenu. Au-delà de 2 millions d’euros de dons, le taux passe à 40 %.
Vous faites un don en mémoire d’un proche
Le don en mémoire, en forte croissance en ligne, suit le régime de droit commun : c’est la personne qui verse qui bénéficie de la réduction, sur présentation d’un reçu à son nom.
Donnez maintenant, déduisez en 2027
Un don effectué avant le 31 décembre 2026 est pris en compte dans votre déclaration du printemps 2027.
Questions fréquentes sur la fiscalité du don
Quelle réduction d’impôt pour un don à une association en 2026 ?
66 % du montant du don pour une association d’intérêt général, dans la limite de 20 % du revenu imposable. 75 % pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté, jusqu’à 2 000 € de dons, puis 66 % au-delà de ce plafond.
Que se passe-t-il si mes dons dépassent 20 % de mon revenu imposable ?
L’excédent n’est pas perdu : il est reportable sur les cinq années suivantes et bénéficie du même taux de réduction. Les excédents les plus anciens s’imputent en priorité sur les années suivantes.
La réduction d’impôt pour don est-elle remboursée si je ne suis pas imposable ?
Non. Il s’agit d’une réduction d’impôt et non d’un crédit d’impôt : si elle excède l’impôt dû, elle n’est pas restituée et elle est définitivement perdue pour l’année concernée.
Faut-il joindre les reçus fiscaux à la déclaration ?
Non, depuis la déclaration en ligne les reçus ne sont plus à joindre. Vous devez toutefois les conserver et être en mesure de les produire en cas de contrôle de l’administration fiscale.
Dans quelle case déclarer mes dons ?
Case 7UD pour les dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté (taux de 75 %) et case 7UF pour les autres dons d’intérêt général (taux de 66 %). Des cases spécifiques existent pour les reports d’excédents des années antérieures.
Les dons aux associations entrent-ils dans le plafond des niches fiscales de 10 000 € ?
Non. La réduction d’impôt pour dons est explicitement exclue du plafonnement global des avantages fiscaux, ce qui en fait un levier utilisable même par les contribuables ayant saturé leurs autres dispositifs.
Une cotisation à une association est-elle déductible ?
Oui, si elle n’ouvre droit à aucune contrepartie significative pour le cotisant. Si une contrepartie existe (accès à un service, avantage matériel), seule la part du versement excédant sa valeur peut être retenue.



